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Le développement
des nouvelles technologies et l’introduction massive d’Internet
dans l’entreprise ont suscité de nouvelles formes de litiges
tenant notamment au pouvoir de contrôle et de surveillance
de l’employeur sur ses salariés par l’intermédiaire du réseau.
Il est en effet
possible pour un employeur de collecter des données personnelles
sur ses salariés et parfois même à leur insu. Ainsi l’employeur
pourra établir des profils type en fonction de différents
critères : sites visités, heures de connections, e-mails..
Par ailleurs, si
l’utilisation d’Internet au bureau est nécessaire pour la
réalisation du travail demandé au salarié, cela ne saurait
être un outil destiné aux loisirs, favorisant ainsi l’inactivité
du salarié. Car en effet, l’employeur est en droit d’attendre
de son salarié qu’il exécute loyalement son contrat de travail.
Face à ces différents
problèmes, la loi et la jurisprudence ont peu à peu dessiné
les contours de l’utilisation d’Internet au travail et des
moyens de contrôle et de surveillance des salariés par l’employeur,
qui est en droit d’exiger que le contrat de travail soit exécuté
de bonne foi et loyalement.
Par ailleurs, un
rapport sur la « Cyber-surveillance »
des salariés par leur employeur vient d’être rendu public
par la CNIL le 28 mars 2001. Ce rapport, tout en dénonçant
certaines pratiques de contrôle de l’employeur sur ses salariés,
émet certaines recommandations sur l’utilisation d’Internet
au bureau.
I
) Internet et la surveillance des salariés au travail
L’employeur dispose
d’un droit de contrôle et de surveillance du salarié au travail.
Ainsi il pourra contrôler que les tâches confiées sont effectivement
et correctement réalisées. Toutefois son pourvoir de surveillance
ne saurait porter atteinte aux libertés fondamentales du salarié.
Ainsi, toute collecte
par l’employeur de données personnelles concernant le salarié,
par le biais d’un système de gestion automatisé du personnel
doit être préalablement porté à la connaissance du salarié
et du comité d’entreprise. Par ailleurs les dispositions de
la loi « Informatique, Fichiers
et Libertés » du 6 janvier 1978 s’appliquent naturellement
et donne au salarié un droit d’accès, d’information et de
rectification sur toutes les données le concernant.
Par ailleurs si
l’employeur à un droit de contrôle sur l’activité du personnel
pendant le temps de travail, le dispositif de contrôle doit
obligatoirement être porté à la connaissance du salarié et
du comité d’entreprise. L’employeur a donc le droit de contrôler
l’activité de ses salariés, mais il doit préalablement les
avertir de l’existence d’un dispositif de contrôle et des
modalités de sa mise en oeuvre.
Toutefois le contrôle
de l’employeur ne peut s’opérer qu’en cas de comportement
suspect de l’employé. Différents indices permettront établir
un comportement suspect : visite de sites web sans rapport
avec le travail demandé, téléchargement de musique, de jeux
vidéos.. Le contrôle de l’employeur doit répondre en effet,
à une certaine exigence de proportionnalité.
!!! ATTENTION !!!
Télécharger, par
exemple, des images pornographiques, des musiques ou des jeux
au bureau est une cause réelle et sérieuse de licenciement
si l’employeur peut en rapporter la preuve.
2
) La consultation des e-mails au bureau
Plus délicate est
l’utilisation de la messagerie mail au bureau à des fins privées.
Une interdiction absolue faite au salarié de consulter leur
messagerie privée au bureau serait disproportionnée et en
pratique difficile à mettre en œuvre.
Sur cette question,
la jurisprudence est claire : « le salarié a droit,
même au temps et au lieu de travail, au respect de l’intimité
de sa vie privée ». La notion de vie privée englobe le
secret des correspondances et de ce fait, l’employeur ne peut
prendre connaissance des messages personnels émis ou reçus
par ses salariés sans violer cette liberté fondamentale.
Le principe est
clair : il est interdit à tout employeur de prendre connaissance
des messages électroniques personnels de ses salariés. Il
est par ailleurs conseillé au salarié de faire mention du
caractère privé ou professionnel du mail reçu ou envoyé. Car
en l’absence de toute mention, la CNIL donne au message un
caractère professionnel par défaut.
Le plus souvent,
une Charte interne établie par l’employeur réglementera l’utilisation
de la messagerie électronique dans l’entreprise. Cette charte
posera le plus souvent comme principe l’utilisation « modérée »
de la messagerie au bureau à des fins privées. Pour être applicable
cette charte devra être portée à la connaissance du salarié.
En contrepartie, l’employeur se verra reconnaître le droit
de filtrer l’accès à certains sites sans rapport avec
l’activité professionnelle du salarié ( sites de jeux , pornographie
etc..).
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